L'éco-pâturage : quand les moutons réinventent la vigne

Il était une fois des mini-tondeuses à quatre pattes, expertes, efficaces et écologiques, qui faisaient leur retour dans les vignes de Cheverny. Oui, vous avez bien lu : des moutons, broutant entre les rangs de vigne, pour remplacer les herbicides et offrir une solution durable. Ce pari audacieux, on l’appelle l'éco-pâturage – ou, pour les initiés, le vitipastoralisme.

Une tradition revisitée

Le bio, c’est souvent un vrai challenge pour les vignerons. Les produits autorisés, bien que plus respectueux de l’environnement, ne sont pas toujours parfaits dans leur efficacité ni dans leur impact sur le microbiote des sols. Alors, comment faire pour respecter le terroir tout en protégeant les ceps ?

C’est là que les moutons entrent en scène. Ces petits ruminants, bien plus que de simples tondeuses naturelles, apportent une foule d’avantages. Ils fertilisent les sols avec leurs déjections, éliminent les herbes indésirables entre les rangs et réduisent le besoin de passages de tracteurs. Et en prime, ils ajoutent une touche bucolique et vivante aux paysages viticoles.

Le secret d’une cohabitation réussie

Mais attention, introduire des moutons dans les vignes ne s’improvise pas. Tout commence par un partenariat entre éleveurs et vignerons, qui unissent leurs savoir-faire pour créer une synergie gagnante. Pendant l’hiver, lorsque les brebis ne sont pas en production, elles trouvent une nouvelle utilité en pâturant les vignobles.

Les chiffres sont parlants : selon une étude menée par les Chambres d’agriculture du Var, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, un hectare de vigne peut nourrir jusqu’à 250 brebis pendant une journée. Au printemps, les vignes offrent ainsi entre 20 % et 40 % de pâturage pour un troupeau, selon le type d’enherbement présent.

Un retour aux sources

En accueillant des brebis dans leurs vignes, les vignerons de Cheverny renouent avec une tradition ancestrale : celle de la transhumance. Cette pratique, où les troupeaux migrent selon les saisons, trouve un nouveau souffle grâce au vitipastoralisme. Les moutons ne se contentent pas de broutée, ils jouent aussi un rôle dans la régénération des sols et la création d’écosystèmes diversifiés.

En cheminant entre les rangs de vigne, ces animaux nous rappellent que l’harmonie entre agriculture et nature est non seulement possible, mais qu’elle est aussi porteuse d’avenir. Et lorsque vous savourerez un verre de vin de Cheverny ou de Cour-Cheverny, peut-être devinerez-vous un soupçon de cette belle histoire dans chaque gorgée.

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